De l'Aleph à l'@ > Les Hommes/Peuples > Peuple > Hittite

Le peuple Hittite


(de l'Hébreu, Hittim), peuple antique de l'Anatolie centrale, habitant le pays de Hatti.
Les Hittites, dont l'origine est mal connue, parlaient une langue Indo-Européenne : le Hittite. Leurs premières traces remontent aux environs de 1900 avant JC et montrent que les Hittites s'introduisirent, vraisemblablement en plusieurs vagues, dans la région anatolienne. Ils imposèrent leur langue, leur culture et leur souveraineté aux indigènes, qu'ils appelaient Hattis. Les Hattis parlaient une langue non Indo-Européenne, le Hatti et les nombreuses attestations de celle-ci dans le Hittite (notamment les noms de lieux et de personnes) laissent supposer que les deux peuples cohabitèrent, avant que la culture des Hattis ne disparaisse. Les Hittites conservèrent le nom des Hattis pour dénommer leur pays (et une de leurs capitales, Hattousas). La première ville dominée par les Hittites fut Nesha, près de l'actuelle Kayseri en Turquie, d'où le nom qu'ils donnèrent à leur propre langue : Nesili, « langue de Nesa ». Peu après 1800 avant JC, ils firent de la ville de Hattousas, près de l'actuelle Bogazköy, leur capitale.
On ne sait que peu de choses sur l'histoire Hittite jusqu'au XVIIème siècle avant JC et sur la fondation de l'ancien royaume Hittite par Labarna (roi vers 1680-1650 avant JC), ou Tabarna. Labarna conquit presque tout le centre de l'Anatolie et étendit sa souveraineté jusqu'à la Méditerranée. Son fils Hattousil Ier et ses successeurs étendirent les conquêtes Hittites en direction du nord de la Syrie. Moursil Ier (roi vers 1620-1590 avant JC) conquit ce qui est aujourd'hui Alep, en Syrie, et lança des incursions sur Babylone vers 1595 avant JC. L'assassinat de Moursil Ier fut suivi par une période de luttes intestines et de déclin à l'extérieur qui s'acheva sous le règne du roi Telipinou (roi vers 1530 avant JC). Pour assurer la stabilité du royaume, celui-ci promulgua une loi de succession stricte, qui demeura en vigueur jusqu'à la fin de l'empire, et prit des mesures énergiques pour éradiquer la violence. Des successeurs de Telipinou, on ne connaît que le nom. Fragilisée par la constitution, au sud-est de l'empire Hittite, du puissant royaume Indo-Aryen du Mitanni allié aux Hurrites, la dynastie de Labarna s'éteignit dans les luttes de succession et les conflits avec son nouveau voisin.

Le nouveau royaume Hittite :
L'avènement du roi Tuthaliya Ier en 1465 avant JC marque la fondation du nouveau royaume Hittite. L'un de ses plus importants représentants, le prince royal Souppilouliouma (roi vers 1353-1322 avant JC), usurpa le trône durant une période d'invasions étrangères. Après avoir libéré son pays et battu son principal ennemi, le royaume du Mitanni au nord de la Mésopotamie, il entraîna ses armées plus loin en Syrie. Ses conquêtes y furent facilitées par l'affaiblissement de la puissance Égyptienne sous le règne d'Akhenaton, également appelé Aménophis IV. Le royaume Hittite devint ainsi sous Souppilouliouma un grand empire rivalisant avec la puissance de l'Égypte, de la Babylonie et de l'Assyrie. Après la mort de Souppilouliouma, les Hittites parvinrent, au prix de guerres incessantes, à maintenir leur empire. Au cours des XVème et XIVème siècles avant JC leurs possessions s'étendaient à l'ouest jusqu'à la mer Égée, à l'est en Arménie, au sud-est en Mésopotamie supérieure et au sud en Syrie jusqu'au Liban actuel.
Dans la seconde moitié du XIVème siècle avant JC, les Hittites s'opposèrent souvent à l'Égypte. Les deux grandes puissances s'affrontèrent pour le contrôle de la Syrie jusqu'à la bataille de Qadesh, en Syrie, qui mit face à face le roi Mouwatalli (roi jusqu'en 1270 environ avant JC) et Ramsès II. Malgré la revendication de la victoire par Ramsès II, les Hittites conservèrent leur mainmise sur la Syrie. Hattousili III (roi vers 1265 avant JC) conclut un traité de paix avec Ramsès II quelques années plus tard, traité qu'il scella en lui offrant sa fille en mariage. Par la suite, les relations entre les Hittites et les Égyptiens demeurèrent favorables jusqu'à la chute de l'Empire Hittite peu après 1190 avant JC devant des envahisseurs appelés Pélasges ou peuples de la Mer dans les textes Égyptiens, mais aussi vraisemblablement à la suite de famines et de mouvements de révolte internes.

Les cités-états Hittites :
La chute de l'empire provoqua la confusion et le tumulte mais ne supprima pas totalement la tradition impériale. Des cités-États Hittites, dont la plus fameuse était Karkemish, surgirent dans le sud-est de l'Anatolie et le nord de la Syrie. Elles étaient peuplées d'un groupe ethnique mixte, souvent appelé les Syro-Hittites, formé principalement des Hittites, ou peuples de l'ancien empire Hittite, de Hourrites et de Sémites de Syrie, suivant les régions. Les souverains Syro-Hittites parlaient la langue Louvite, qui s'écrivait en Hiéroglyphes et était proche du Hittite. Certaines de ces cités-États furent conquises au Xème siècle avant JC par les Araméens sémites ; les autres devinrent des provinces de l'Empire Assyrien sous Sargon II vers 715 avant JC. Même après la conquête de l'ensemble de la Syrie par les Assyriens, ils continuèrent à l'appeler Hatti.

Les premiers textes et traductions :
Les sources d'information les plus importantes sont les textes Égyptiens, en particulier ceux de la XIXème dynastie, et certains passages de la Bible. Les plus anciens de ces passages dans lesquels les Hittites sont appelés «  fils de Heth » se rapportent à la période de l'empire Hittite. Les passages ultérieurs font allusion aux Syro-Hittites.
En 1906, les archives royales des Hittites eux-mêmes furent mises au jour lors de fouilles à Bogazköy. Ces découvertes jetèrent le doute sur la majeure partie des évidences Égyptiennes. Par exemple, certaines batailles étaient décrites comme des victoires Hittites, alors que dans les textes Égyptiens les mêmes batailles étaient rapportées comme des défaites Hittites. La découverte de ces archives fut particulièrement importante, car elles permirent aux épigraphistes de déchiffrer la langue Hittite, et d'obtenir des informations sur des aspects inconnus de cette culture : l'organisation politique, les lois, la religion et la littérature. On a distingué trois dialectes principaux dans les archives de Hattousas : le Hittite proprement dit ou Nesilinb ; le Louvite, parfois appelé Luwien, sans doute plus ancien et fort répandu en Anatolie, et essentiellement utilisé dans les textes religieux ; enfin le Palaïte, moins répandu.
La plupart des textes retrouvés dans les archives sont écrits en langue Hittite, mais les traités et les documents officiels étaient écrits en Assyrien, la langue internationale de cette époque. D'autres textes sont écrits en langue Hourrite du sud-est de l'Anatolie et du nord de la Mésopotamie, une langue agglutinante qui ne se rattache à aucun groupe linguistique connu. Les Hittites avaient adopté le système d'écriture Cunéïforme provenant des Assyriens et des Babyloniens, mais ils utilisèrent également un système de pictographique (voir l'écriture Hittite pictographique) pour transcrire une langue fort proche du Hittite, le Louvite. Bien que les hiéroglyphes soient déjà utilisés à l'époque de l'empire, la majeure partie des inscriptions appartiennent à la période ultérieure à sa chute, celle des cités-États. La littérature des Hittites était très développée, comme le montrent les textes et récits historiques.

L'organisation et réalisations :
Le roi Hittite était le grand prêtre, le chef de l'armée et le juge principal du pays. Sous l'ancien royaume il était assisté du pankus, un conseil de nobles, qui disparut par la suite. Le royaume était administré par des gouverneurs de province agissant au nom du roi. Des territoires situés hors du royaume étaient fréquemment gouvernés comme des royaumes vassaux, et des traités formels se concluaient avec leurs souverains.
Les réalisations les plus remarquables de la civilisation Hittite concernent les domaines législatif et de l'administration de la justice. Les codes législatifs des Hittites révèlent une forte influence Babylonienne, mais leur administration de la justice était plus indulgente que celle des Babyloniens. Les Hittites recouraient rarement à la peine de mort ou à la mutilation, qui sont pourtant des caractéristiques des autres civilisations du Moyen-Orient antique. Bien plus, la justice Hittite était fondée sur le principe de la restitution plutôt que sur celui du châtiment ou de la vengeance. La peine pour un vol, par exemple, était la restitution de l'objet volé et le paiement d'une indemnité complémentaire ; la restitution en nature fut progressivement remplacée par un paiement en espèces.
L'économie Hittite était fondée sur l'agriculture, les principales cultures étant le blé et l'orge, l'élevage étant celui des bovidés et des moutons. Les Hittites possédaient également d'importantes richesses minérales de cuivre, de plomb, d'argent et de fer. Leurs techniques de travail du métal étaient avancées pour l'époque ; il se peut qu'ils aient été le premier peuple de la région à travailler le fer.

La religion, art et architecture :
Les Hittites vénéraient de nombreuses divinités locales. L'évocation des « mille dieux de Hatti », qui étaient adorés dans toute l'Asie Mineure avant et durant la période Hittite, revient sans cesse dans les documents officiels. On a relevé dans le panthéon Hittite des influences Sumériennes, Babyloniennes, Assyriennes, Hurrites à partir du second empire Hittite, Luwiennes et autres.
Le sanctuaire de Yazilikaya, près de Bogazköy, contient, taillée à même la roche, une remarquable série de reliefs représentant deux longues processions de dieux et de déesses s'avançant les uns vers les autres. La plupart des dieux n'ont pu être identifiés, mais à la tête des deux groupes se trouvent les divinités Hittites les plus importantes, le dieu de l'Orage, ou dieu du Temps, et la déesse du Soleil. Des fouilles dans le sanctuaire ont révélé un temple construit en face d'une salle, plus petite, qui semble avoir été dédiée au culte d'un roi défunt.
Comme la religion, la mythologie Hittite représente un mélange d'éléments reflétant la diversité des cultes à l'intérieur du royaume. Certains poèmes épiques contiennent des mythes d'origine Hurrite mêlée de motifs Babyloniens et évoquant plusieurs générations successives de dieux qui gouvernèrent l'univers, et un monstre qui s'opposa à la souveraineté du dernier roi des dieux. Ils sont proches des mythes Grecs contenus dans la Théogonie d'Hésiode et semblent avoir été leurs prototypes.Il se peut qu'ils aient été transmis en Grèce durant la période Mycénienne (1400-1200 avant JC) Des textes Hittites font état de contacts entre des souverains Hittites et ceux du royaume d'Ahhiyawa, que certains savants identifient au pays des Achéens. Que des éléments culturels Hittites fussent ou non diffusés au-dehors, bon nombre d'entre eux survécurent en Anatolie jusqu'à l'arrivée des Romains en Asie Mineure en 190 avant JC. Des divinités comme la Déesse Mère (Cybèle) et le dieu de l'Orage (appelé Jupiter Dolichène par les Romains) étaient encore vénérées à cette époque.
L'art et l'architecture des Hittites subirent l'influence de presque toutes les cultures contemporaines du Proche-Orient antique, et en particulier de Babylonie. Quoi qu'il en soit, les Hittites aboutirent à une certaine indépendance stylistique. Les matériaux de construction furent généralement la pierre et la brique, mais ils utilisaient également des colonnes en bois. Leurs palais, temples et fortifications massifs avaient fréquemment leurs murs, portes et entrées ornés de reliefs stylisés et sculptés de manière recherchée.


Logo de la date de modification 17/02/2017 Babylone Logo du nombre de vues 5 917 vues


Bookmark and Share

Logo des actualités

Les actualités liées à cet article sont les suivantes :

Des Babyloniens aux Chaldéens : Vers 2100 avant notre ère, l'empire Akkadien s'effondre mystérieusement, peut-être en raison d'une invasion barbare. Quoiqu'il en soit, cette chute marque le début d'une longue période d'environ 1500 ans, durant laquelle la Mésopotamie change régulièrement de main... (31/01/2017), An Entire Hittite Village To Be Reconstructed In The Ancient Site Of Hattusha : Hattusha (or Halys in Greek) was the capital of the Hittite Empire during the epoch of late Bronze Age in the Near-East, with its current ruins being located near modern Bogazkale, Turkey..... (29/10/2016)


Ce peuple/homme utilise l'écriture suivante :
  Hittite cunéïforme, Hittite pictographique, Sumérienne

Ce peuple/homme utilise la langue suivante :
  Hatti, Hittite, Louvite


Cet élément est cité dans les articles suivants :

Les Ecritures : L'écriture Hittite pictographique : Généralités, Les chiffres : La chronologie

Les Langues : Langue Babylonienne, Langue Hatti, Langue Hittite, Langue Louvite : Généralités

Les Hommes/Peuples : Aménophis II, Hattusili Ier, Hattusili III, Le peuple Araméen, Le peuple Cananéen, Le peuple Egyptien, Le peuple Gasgas, Le peuple Hatti, Le peuple Hurrite, Le peuple Lukkas, Le peuple Mitannien, Le peuple Mycénien, Le peuple Palaïte, Le peuple Peuples de la mer, Le peuple Phrygien, Mursili Ier, Mursili II, Muwatalli II, Ramsès II, Sargon II, Séthi Ier, Suppiluliuma Ier, Tudhaliya Ier, Tudhaliya II, Tudhaliya IV, Tukulti-Ninurta Ier

Les familles d'hommes : Les peuples Indo-Européens


Cliquez ici pour envoyer un messageVous en savez plus !
Si vous avez d'autres informations, des corrections à apporter à cette page, n'hésitez pas !
Cliquez ici, et envoyez moi vos informations.

La page Facebook du site :
Page FaceBook du site De l'Aleph à l'@

La page Twitter du site :
Suivre le site De l'Aleph à l'@ sur Twitter

Recommander le site à un ami :
Recommander le site De l'Aleph à l'@